10 textes de Jacques-Alain Miller sur le crime 4


Jacques-Alain Miller est psychanalyste, gendre de Jacques Lacan, chargé par ce dernier de l’édition de ses séminaires et fondateur de l’École de la Cause Freudienne. Je vous propose ci-dessous quelques articles où Jacques-Alain Miller (dit Jam) traite du fait criminel et délinquant pour le magazine Le Point et le site La Règle du Jeu.

Jam y aborde des faits de société (les cas Fritzl et Mosley, les Serial Killer, la peur de l’insécurité, les théories du complot, les cas d’oublis d’enfant dans les voitures), de femmes et hommes politiques (Dsk, Marinne Le Pen, Dieudonné) et, fondamentalement, du caractère humain du crime.

Vous pouvez cliquer sur les titres pour lire les articles en entier.

Jacques-Alain Miller

 

 

1) Jam – Le théâtre secret de la pulsion

Résumé: Jacques-Alain Miller évoque les cas de Serial Killer et de Mass murder qui ont récemment défrayé la chronique (les éléments cliniques, la typologie, leurs résonance avec les faits de société) pour développer ensuite la question de la haine.

Morceaux choisis:

La haine est la plus intense des passions. L’amour se prend aux apparences, tandis que la haine est radicale: elle vise l’être. Il arrive qu’elle agrafe tout l’univers mental d’un sujet, suppléant ainsi au trou béant de sa psychose.

 

Quand cette haine passe à l’acte (…) c’est alors “l’effroi, l’horreur, le frisson sacré”. Car chacun d’entre nous, tout éperdu de compassion qu’il soit, est aussi sollicité dans sa part irréductible d’inhumanité, sans laquelle il n’y a pas d’humanité qui tienne.

 

2) Entretien avec Jacques-Alain Miller : L’affaire Fritzl

Le contexte: En 2008, un fait divers a secoué l’Autriche : Josef Fritzl, 73 ans, a séquestré sa fille pendant vingt-quatre ans et lui a fait sept enfants.

Morceaux choisis:

Un grand crime populaire, c’est toujours un fait social total, pour reprendre l’expression de Marcel Mauss : c’est un microcosme de la société, elle s’y reflète tout entière. 

 

Ce qui ici sort de l’ordinaire, ce n’est pas l’inceste, pratique fort répandue, c’est la régularité invariable d’un acte immonde. C’était à la fois un Père sévère, le Père de la loi, dont la rigueur implacable étonnait ceux qui le voyaient régir sa famille du dessus et, avec sa famille du dessous, un Père jouisseur, hors la loi. Dans ces deux rôles, à un certain niveau, il fut irréprochable. Fritzl : criminel peut-être, mais Korrekt avant tout. En règle. Pas de trébuchement. Pas d’inconscient.

Jacques-Alain Miller 

3) Entretien avec Jacques-Alain Miller : L’affaire Mosley

Le contexte: Max Mosley était président de la Fédération Internationnale d’Automobile Fin mars 2008, le tabloïd anglais News of the World publie une vidéo montrant Mosley s’adonnant, avec cinq prostituées, à des actes sado-masochistes, déguisés en soldat allemand et en prisonnières de camp de concentration.

Morceaux choisis:

Les hommes ne sont pas des rats, chez eux la jouissance se réalise par le moyen de fantasmes. Vos fantasmes sont toujours embarrassing, ils ne sont pas forcément raccord avec ce que l’on connaît de votre personnalité.

 

Le nouveau, c’est ce fait de civilisation : fréquenter les filles publiques devient dangereux pour les hommes publics. L’esprit du temps tend ainsi à instaurer un droit de savoir, de tout savoir, illimité. Et donc, la jouissance intime de l’homme public est désormais sur la sellette. Bientôt, en assumant ses fonctions, un homme public ne se contentera plus de déclarer son patrimoine, il devra également déclarer son mode de jouir. 

 

Hannah Arendt a fait scandale jadis en parlant de « la banalité du mal » à propos des nazis. Et la banalité de la jouissance ? Encore un effort !

 

4) Jam – Dès qu’on parle, on complote

Le contexte: Les théories du complot ont le vent en poupe sur les réseaux sociaux. Quels en sont les fondements?

Morceaux choisis:

La narration pure et simple de faits comporte toujours des manques, des incohérences, des non-sens. Bref, une “zone d’ombre”. C’est là que le complotiste introduit un élément qui change tout : une intention, un désir, une volonté agissante. Glisser cet élément dans une narration suffit pour qu’aussitôt tout s’éclaire. Le hasard est aboli. Une nécessité le remplace. Tout désormais a une cause. Tout fait sens. Le dit devient irréfutable. Il s’autovalide. La trame du récit se resserre. Il est fermé sur lui-même. Le plaisir esthétique se double d’une satisfaction cognitive. Le complotiste vous démontre à sa façon que le réel est rationnel. Autrement dit, il simule le savoir scientifique. Mais il répercute en même temps les plus anciennes croyances gnostiques, celles qui font de Satan le créateur du monde. 

 

Ce qui fait le succès des complotistes, nous le voyons donc enraciné dans la littérature, dans la science, voire dans la religion. Ne faut-il pas le chercher à un niveau plus basique encore ? Chacun le sait : avant même la venue au monde d’un enfant, on s’inquiète de lui. On prépare contre lui cet attentat qui se révèle parfois si difficile à pardonner : sa naissance. Tout être parlant est issu d’un complot.

Jacques-Alain MIller

 

5) Jam – Virus mutant – à propos de Dieudonné

Le contexte: Grande première: début 2014, le Conseil d’État rend une ordonnance qui a pour effet d’interdire un spectacle de l’ “humoriste” Dieudonné.

Morceaux choisis:

Tout le discours de Dieudonné est comme la quenelle: il exploite avec art la faille signifiant/signifié.

 

D’où naît le rire viral que suscite Dieudonné ? Il scande un double triomphe sur l’interdit: on transgresse un tabou, tout en s’innocentant de cette transgression. Le ça neutralise le surmoi. D’où gain de jouissance.

 

Au virus mutant de l’antisémitisme a ainsi répondu une mutation corrélative de la jurisprudence. (…) Déjà Dieudonné s’aprête à lancer des signifiants nouveaux. Mais leur charge virale sera moindre. On espère la voir se réduire à zéro.

 

6) Jam – La fille du diable  

Le contexte: Jam s’exprime sur la montée en puissance de la fille de Jean-Marie Le Pen.

Morceaux choisis:

Le père était content de régner sur son émirat de bras cassés. « Charbonnier maître chez soi », son ambition n’allait pas au-delà. Nulle menée subversive ; le choix exclusif de la voie parlementaire ; et, pour être sûr d’être battu, la pratique de l’outrance et de l’outrage. Cet homme si brutal mais plein d’afféterie, qui usait comme personne de l’imparfait du subjonctif, était en somme un cas assez pur de masochisme politique. D’ailleurs, jouer la victime, il adorait ça. Mitterrand le jugeait inoffensif. « Un diable de confort », dit joliment Mélenchon.

 

Sur ce, arrive la fille du diable. « Dédiaboliser », dit-elle, enveloppée dans sa blondeur. Exorcisme immédiat. Nul n’en doute : gouverner le pays, elle le veut pour de vrai, alors que papa faisait semblant. Elle n’est pas crédible ? Elle le sera. Des experts lui manquent ? Ils lui viendront. Des aspérités ? Elle les rabotera. Sa xénophobie ? Indexée sur les sondages. Sa filiation, un handicap ? Déjà elle a largué son patronyme ; demain, ce sera le nom du parti.

Reste un détail : son pied fourchu. Elle attend pour le montrer d’avoir autour du cou le Grand Collier de la Légion d’honneur.

Jacques-Alain Miller

 

7) Entretien avec Jacques-Alain Miller – L’oubli est un meurtre

Le contexte: En moins d’un mois, deux bébés et un adolescent sont morts après avoir été oubliés dans la voiture par leurs parents.

Morceaux choisis:

Les vacances, la fatigue, les préoccupations, l’inattention… On sent bien que cela n’explique pas tout, qu’un désir est impliqué, un désir inconnu. C’est bien ce qui fait peur, car qui me dit que moi-même… Le fait est qu’on peut sans le savoir désirer détruire ce qui vous est le plus cher.

 

Les mères infanticides conservent l’objet : elles le congèlent, le réduisent en cendres ou le découpent en morceaux. Les pères le perdent, l’oublient. Du point de vue psychanalytique, le sujet est responsable de tout : de ses lapsus, de ses actes manqués, de ses rêves, de ses absences. C’est pourquoi Freud pouvait dire que, dans l’inconscient, nous sommes tous criminels.

 

8) Jam – Dsk entre Eros et Thanatos

Le contexte: Alors que le monde prend en flagrant délit de lapsus une femme politique (disant “fellation” à la place d'”inflation”), Dsk force une femme de chambre à lui en faire une. Jam livre sa lecture de l’événement Dsk et de l’emballement médiatique qui s’en est suivi.

Morceaux choisis:

Si l’inconscient est entré de plein droit dans le discours commun, il n’a été adopté que sous une forme précise, celle du lapsus. L’opinion en est à exiger des médias que les lapsus des personnalités publiques, comme leurs gaffes, soient traqués, recueillis et répercutés. Ces trébuchements, on ne les traite pas comme des erreurs, on leur reconnaît du sens, et même une valeur de vérité très supérieure à celles des « petites phrases» ciselées à l’avance. On admet que le sujet n’est pas maître du langage dont il use et qu’il s’exprime toujours à ses risques et périls.

 

L’effet de vérité est fugitif : il désarçonne le sujet, le destitue un instant de son image publique, le ridiculise, mais il s’évapore aussitôt. Maintenant, imaginez que ce mot de «fellation », qui appartient à un discours second, ne s’exprime pas dans le registre de la parole sous la forme de lapsus; supposez qu’il soit doté d’une force injonctive et qui il embraie directement sur le corps. (…) Ces soudaines mais périodiques éruptions libidinales, on pourrait les épingler du terme de raptus. Le lapsus se produit dans la dimension de la vérité; le raptus est dans le réel. Peut être le lapsus en serait-il une forme exténuée. C’est le sens de l’aphorisme de Lacan, faisant de la vérité la « petite sœur » de la jouissance. Dans le lapsus, on se trahit; dans le raptus, on se détruit. Après la découverte de l’inconscient, qui est un lieu d’être où la vérité parle, même si c’est pour mentir. Freud a été conduit à isoler ce qu’il appelait le « ça », où règne le silence des pulsions. Avec DSK menottes aux mains, le discours universel vient de donner au ça freudien son emblème, son témoin et, dirais je, son martyr.

 

Le phénomène n’a rien d’exceptionnel. Les prisons sont pleines de ces malheureux chez qui l’exigence inconditionnelle de la pulsion n’est pas tamponnée, tempérée, freinée, répartie, canalisée par des déplacements, des sublimations, des figures diverses de figures diverses de rhétorique, métaphores, métonymies, tout ce système d’écluses et de digues qui constitue l’architecture d’une belle et bonne névrose. Je dis « des malheureux », parce que ce ne sont pas des monstres. Simplement, le ressort libidinal du symptôme est chez eux comme mis à nu. Et s’ils vont en prison, c’est que la société contemporaine est moins tolérante à la pulsion qu’on ne l’était jadis. Qui dira que c’est mal? Mais aussi il n’est plus permis, jamais, de fermer les yeux. L’ombre, la nuit, n’est plus; seul le jour a droit de cité et le soleil est comme un grand œil ouvert qui nous traque, et c’est aussi le nôtre. Or, tout voir, c’est la mort du désir.

 

On trouve parmi la classe des « hommes à femmes » deux types idéaux opposés. Le séducteur a l’art de s’instituer dans le rêve de l’objet féminin. Ce qu’il s’agit avant tout de conquérir, c’est un oui, le consentement, l’aveu. Et puis, il y a ceux dont la jouissance est au contraire de susciter chez la partenaire une division, qui ne va pas sans effet d’angoisse et d’affolement, entre un corps qui s’abandonne et une « âme » qui dit non. Quant au couple de l’homme à femmes et de son épouse, c’est souvent l’un des plus solides qui soient.

 

Dans la chaleur de l’événement, nos médias battent leur coulpe pour avoir longtemps caché, sous une couverture, comme les fils de Noé, la nudité du Père ivre. Cependant. La Genèse dit autre chose : que le péché fut celui de Cham, celui des frères qui glissa un regard de curiosité sur l’ervat, l’organe génital qu’il ne devait point voir. Au point où nous en sommes, la pudeur est une vertu désuète, alors que le voyeurisme triomphe: il est en voie de mondialisation. Et c’est un voyeurisme puritain, qui parade, sûr de son bon droit. Fermer les yeux, ce n’était pas bien brillant, certes, mais ça, n’est ce pas pire encore?

Jam argumente

 

9) Jam – L’insécurité, mal absolu

Le contexte: Jamais l’homme occidental n’a nourri autant d’angoisses, ni vécu aussi longtemps. Un paradoxe décrypté par Jacques-Alain Miller.

Morceaux choisis:

La technique donne naissance à une « société du risque » : quand vous vous déplacez à cheval, tout dépend de votre habileté à vous, et de votre connaissance de la bête en question ; quand vous prenez l’avion, votre sécurité est hors de vous, car votre vie dépend d’un réseau de systèmes complexes, auxquels vous devez vous fier a priori. Mais la société du risque devient une société de la peur dès que la science cesse d’inspirer confiance. C’est le cas aujourd’hui : chacun est intimement persuadé que le grand « sujet supposé savoir » ne sait pas tout, qu’il est troué comme un gruyère, et qu’il avance et produit à l’aveugle.

 

Le sujet supposé savoir est maintenant mis au défi de prévoir l’avenir. Demain, vos maladies, on n’en fera plus seulement le diagnostic, on vous les prédira à partir du décryptage de votre génome. D’où l’émergence de nouvelles peurs, inédites, purs produits du calcul statistique.

 

C’est ce qui résulte de la « mise en sécurité » comme attitude fondamentale de l’homme contemporain. Chacun est à lui-même son bien le plus précieux. Chacun se rapporte à soi-même comme à un objet, à un avoir, non à un être. L’impasse, c’est que la santé est parfaitement aléatoire. La santé, c’est un mythe. Ce qui domine, c’est désormais le désir de chacun de se mettre à l’abri, en sécurité. L’insécurité devient le mal absolu. Le culte du bonheur engendre le règne de la peur. On ne comprend plus la mort, on récuse même le vieillissement, on rêve de faire descendre l’éternité sur terre, et au profit de l’individu.

 

La technicisation généralisée de l’existence pollue désormais les sources mêmes de la vie, elle est en passe de remanier la nature de l’espèce. On soupçonne que l’avancée irrésistible de la science est à son insu au service de la pulsion de mort.

 

10) Jacques-Alain Miller : Rien n’est plus humain que le crime

Le contexte: Pour cette dernière référence, je n’ai pas su faire de photocopies, mais j’en propose ci-dessous de larges extraits. Vous pouvez vous procurer ce texte fondamentale dans la revue Mental “La société de surveillance et ses criminels“. Jam y explore les différentes modalités du tuer chez l’être humain.

Morceaux choisis:

La clinique psychanalytique tente de s’introduire dans la clinique policière et judiciaire, mais sans mégalomanie, de manière modeste, comme une souris sympathique mordillant les câbles qui soutiennent cette dernière, sans autre prétention que de susciter une petite préoccupation chez les professeurs de droit, les juges et les avocats.

 

Dans “La responsabilité morale du contenu des rêves“, Freud s’interroge sur l’implication du sujet dans le contenu du rêve: le sujet doit-il s’en sentir responsable? Le contenu latent de la plupart des rêves est fait de la réalisation de désirs immoraux. On rêve toujours, selon Freud, contre le droit; le noyau du rêve est une transgression de la Loi. Dans la formulation de Freud, les rêveurs sont des criminels masqués.

 

Analytiquement, l’immoral est une partie de notre être. Notre être inclut non seulement la partie dont nous sommes fiers, que nous montrons à la tribune ou au tribunal, la partie admirable, celle qui constitue l’honneur de l’humanité, mais aussi la partie horrible. Non seulement “l’honneur”, mais aussi “l’horreur”. La psychanalyse a montré que notre être comprend cette partie méconnue, l’inconscient refoulé et que Freud l’appelle “le Ça”, est en continuité avec “le Moi”. Nous sommes des criminels inconscients. Selon Freud, toute conscience morale et l’élaboration théorique et pratique du discours du droit sont des réactions au mal que chacun perçoit dans son Ça. La fascination pour le grand criminel trouve sa raison d’être en ceci qu’il réalise un désir présent en chacun de nous. Nous sommes tous de petits monstres ou des monstres timides.

 

Il y a un tuer de l’être humain qui est légal. Si on lui donne la bonne forme, si l’on introduit les bons semblants, tuer n’est plus un assassinat, mais un acte légal. Pour Joseph de Maistre, la figure maximale de la civilisation, le personnage central, était le bourreau, l’homme qui tue au nom de La loi et de l’humanité. Pour Maistre, le Dieu chrétien lui-même aime le sang, il en a besoin.

 

Aujourd’hui, tout se fait au nom du plus grand nombre, ça nettoie le tuer de toute cruauté, là où avant il y avait une jouissance du châtiment. Les exécutions de délinquants, de criminels, étaient des fêtes populaires, les gens allaient les voir et y jouir. Depuis, dans plusieurs pays la peine de mort a été abolie. La conséquence en est que le criminel, qui était agalmatique -incarnation de la jouissance- ou le délinquant, apparaît comme un déchet, et on le recycle comme les déchets. D’une certaine façon, cette évolution utilitariste ne va pas sans un certain ravalement de la dignité humaine du criminel, ni sans la prétention scientifique d’objectiver le crime et le criminel en le destituant de sa subjectivité. La psychanalyse tente de récupérer la signification subjective de l’acte criminel.

 

Maintenant, quel serait un droit qui ne méconnaît pas la psychanalyse? On pourrait dire que ce serait un droit qui nuancerait la croyance en la vérité, et prendrait en compte la distinction entre le vrai et le réel, et que le vrai n’arrive jamais à recouvrir le réel. Ce droit considérerait que le discours du droit est un réseau de semblants. Ce droit prendrait en compte que le sujet constitue une discontinuité dans la causalité objective. Les tenants de ce droit devraient savoir faire avec l’opacité qui reste. 

 

Les juges, les avocats, les professeurs de droit savent mieux que personne qu’il n’y a pas de justice. Le droit n’est pas la justice. La justice, il faut la laisser divine, la laisser dans les mains de Dieu, pour le moment du jugement dernier. Pour nous, sur Terre, suffit le discours du droit.

Jam  livre

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